[Manga] Switch Girl

Publié le par Plumy

AIDANatsumiSwitchGirl09.jpg

 

Switch Girl est, actuellement, un de mes mangas favoris toutes catégories confondues. Classé en shojo parce qu'il comporte des histoires de lycéens et des amourettes, c'est pourtant avant tout un manga à l'humour déjanté et polisson qui se dénote particulièrement dans le paysage des manga shojo.

L'histoire tourne autour du personnage de Nika, jeune fille jolie et populaire qui, une fois rentrée chez elle, à vite fait de se mettre en culotte trouée pour jouer à la console en mangeant du poisson seché. Nul dédoublement de la personnalité ici, mais simplement un reflet particulièrement véridique de ce que sont la plupart des jeunes filles aujourd'hui. On a toujours dit que les filles ça ne pétait pas de la rose, mais l'image de la fille toujours propre, douce, délicate reste bien implantées dans les esprits - peut-être encore plus au japon ou les femmes se doivent d'être discrètes et délicates - et aucun manga n'avait abordé de manière aussi directe et assumée cette thématique.

 

Bien sur, les personnages ayant une face cachée ont toujours existé, et on a vite fait d'établir un parrallèle entre le personnage de Nika et l'héroine du manga Kare Kano par exemple, ou l'idée générale était sensiblement similaire. Cependant, Switch Girl a créé une thématique bien à elle, un grand délire bien organisé qui va bien au delà de la simple apparence de l'héroine et se reporte sur toute sa manière de vivre et d'agir.

En effet, la thématique de la "switch girl" dérive bien vite vers une sorte de "Mamie attitude". C'est quoi une mamie ? Et bien, une personne qui repère vite les soldes ! Une personne radine qui découpe son tube de dentifrice pour ne pas en gaspiller ! Nika n'a pas seulement un aspect qui ferait fuir n'importe quel garçon à qui l'ont a appris qu'une jeune fille était douce et belle avec une haleine fraiche dès le réveil, elle a aussi une certaine tendance à avoir des gouts et des comportements de vieux, à agir en basse prolétaire dans les magasins en rallant pour une erreur de 10 yens, ou tout simplement à manger des produits à base de kusaya, poisson puant apprécié des vieux mais totalement ringard pour une jeune fille digne de ce nom. Ringard, c'est bien le terme qui défini Nika.

 

516_210.jpg

Mais puisque la pression sociale exige d'une jeune fille qu'elle soit douce comme une fleur, c'est cette facette qu'elle a choisi de présenter à l'école, suite à diverses expériences malheureuses lorsqu'elle était enfant et que, se laissant aller à être elle même, les garçons ne la considéraient même pas comme une fille. Cet apprentissage de la vie qu'à fait Nika, je crois que n'importe quelle fille peut y trouver un echo personnel, moi la première. Un jour, mon boss m'a dit que je n'étais pas une "vraie fille", suite à mon comportement en règle générale. Parce que j'aime les jeux vidéos et les bds, parce que je n'hésite pas à parler et à m'opposer, je ne sais pas vraiment, mais en tous cas, pour lui, même si je mettais des jolies robes, je n'étais pas une "vraie fille". Je me demande encore ce qu'est une "vraie fille". Ca doit certainement ressembler à une cruche qui ne s'oppose jamais et sourit souvent bêtement. Au final, on en revient toujours à cette image la attendue de manière implicite pour être "comme il faut". Et il devient naturel de ne pas montrer toutes les facettes de sa personnalité pour être acceptable en public.

Malgré l'analyse que j'en fait, le manga de Switch girl ne se veut pas profond : C'est une comédie burlesque faite pour distraite et amuser, et qui, avec un aplomb incroyable, met les pieds dans le plat sur des tas de sujets variés concernant les switch girl. Évidemment, on a une romance, et fait incroyable, l'histoire ne tourne pas uniquement autour d'elle et l'histoire n'est pas celle de la tentative de l'heroine de séduire celui qui lui plait. En vérité, le couple principal se forme relativement vite, au bout de 3 ou 4 volumes, et par la suite, le couple traverse quelques turbulences, souvent amenés par des ennemis de passage, mais ces turbulences leur apprend à mieux se connaitre, mieux se comprendre, et renforce leur liens. J'avais rarement vu ça dans un manga, des scènes de vie paisible d'un jeune couple ou, vautrés en pyjama, les 2 jouent ensemble à la nintendo DS. On sent une réelle intimité entre eux, un vrai lien, et s'ils sont ensemble c'est parce qu'ils se connaissent réellement l'un l'autre. Arata aime Nika dans on intégrité, il la trouve mignonne dans son mode "Off", et cette relation fait drôlement chaud au coeur. C'est une véritable relation entre eux deux et pas un jeu de faux semblants.

 

512_2.jpgUn joli patchwork des délires graphiques de l'auteur, entre la parodie de vieux shojo et de vieux shonen, le dessin qui verse soudainement dans le réaliste, et j'en passe.

 

Et comme je l'ai dit plus haut, l'histoire ne tourne pas uniquement autour de leur couple. Le manga est construit sur des petites histoires qui durent parfois un ou deux chapitre, parfois un volume et demi, mais sont toujours des histoires complète qui permettent de n'être jamais perdus dans l'histoire et de varier les thèmes. En règle générale, les thèmes abordés sont la romance Nika / Arata, des aventures diverses et variés avec des rivaux d'une école, des voyou etc, des aventures liés au danger du mode On de Nika, des histoire centrés sur la mamie attitude avec des cas épiques de soldes et de guerrières de la promo, et aussi des histoires centrés sur les personnages secondaires qui se greffent petit à petit à l'histoire et prennent chacun de l'importance à leur manière, des relations inédites naissants. Personnellement, mon thème préféré est celui des grandes histoires épiques de soldes au magasin and coe.

L'humour de la série est assez excellent. Il y a bien sur l'humour dut aux situations, mais l'auteur elle même a un sens de l'humour assez particulier. Elle se tape des délires ou elle dessine soudainement les personnages en mode gekika ou en parodie de DBZ - c'est une grande fan de DBZ et les références sont foison -, elle part dans des trips particulièrement saugrenues - comme Nika en tenue SM - et à coté de la bd en elle même, ses free talks sont un régal sans fin. C'est un des auteurs dont j'apprécie autant la lecture du manga que des free talks, parce qu'ils sont totalement cohérents avec le thème de l’œuvre : En effet, l'auteur, switch girl initiale de son état, nous parle donc des points noirs, des pets, des poils pubiens, d'épilation, et de tant d'autres sujets que l'on connait si bien. Anecdotes, conseils, réflexions, réponses au courrier des lecteurs, tous les propos de l'auteur me font toujours bien rire et sont autant appréciables que le manga en lui même. Non seulement elle est drôle sans sa manière de voir les choses, mais même ses gouts - manga masculins, rpg - me parlent et me font sentir proche d'elle.

 

switch-girl-2750486def.jpg

 

Dans ses free talks, l'auteur parle aussi des choix éditoriaux fait pour la direction de son scenario, et c'est souvent interessant, parfois surprenant. Par exemple, en guise de punition à un ennemi dans une histoire, l'auteur voulait que Nika lui fasse subir le supplice des pinces à linges sur les tétons. Mais son responsable, jugeant cela trop osé, lui a fait remplacer cette scène par le supplice de la pince à épiler. Pareil pour une autre scène, ou elle n'a pas voulu que l'héroine crache mais lui a permis de souffler des boulettes de morve. Des choix discutables, surtout quand certains sujets sont abordés de manière un peu trop légère à mon gout sans qu'il n'y ait aucune censure ou matière à revoir de la part de l'éditeur. Dans une des histoires, il est question de viol sous influence de drogue, dans une autre de viol tout court, et la manière dont la chose est traitée m'a un peu chiffonné, parce que légère comme si c'était un événement pas si grave au final. Enfin, c'est du chipotage, mais il fallait bien que je pointe un peu ce que je n'aime pas dans ce manga. Mais parfois on regrette que l'éditeur ne l'ai pas laissée réaliser son scenario à sa guise. J'aurai bien aimé pouvoir lire un switch girl totalement "original" sans bridage de l'auteur !

L'autre défaut de switch girl, c'est son auteur qui ne sait pas forcement gérer les histoires sérieuses et les situations dramatiques et en inclus tout de même. L'histoire avec le lycée rival, dans le volume 8, à été une histoire qui m'a plutôt ennuyée, alors que l'auteur à confié en être "très fière". C'est un peu dommage, mais on ne peut pas être entièrement sur la même longueur d'ondes.

Mais ceci mise à part, le manga roule tout seul. La palette de personnages secondaires est varié et agréable, des ennemis deviennent des amis, et la famille de Nika est une autre présence réconfortante qu'il fait plaisir de voir, toujours la pour la soutenir et personnages réellement présents dans l'histoire. Switch girl est un manga qui me fait toujours rire, passer un très bon moment, et je sort de la lecture de chaque nouveau volume avec le sourire et la motivation pour le reste de la journée. Entre son humour et sa qualité de présenter enfin une histoire avec des vraies filles dedans, Switch Girl est un manga que je recommande sans hésitation (Mais peut-être pas aux garçons trop attachés à l'idée de la fille idéale ;b).13 volumes sont sortits pour le moment.

 


 

 

Lire le premier chapitre en ligne sur le site de l'éditeur : [Lien]

Publié dans manga

Commenter cet article

Sunako 25/01/2012 21:59

Coucou *-*
Je suit Switch Girl depuis le tout début (grande fan

Plumy 29/01/2012 20:09



Hola, j'ai l'impression que ton message à été coupé é___è;;;



Corti 27/08/2011 14:10


Yeah, c'est vraiment un manga sympa ! Dommage que les histoires longues/sérieuses soient un peu chiantes. Et pour le viol, j'ai l'impression que c'est assez commun aux shôjos, ce type de
traitement. Ce n'est pas la première fois que j'entends ce genre de reproche.