[Manga] Princess Jellyfish

Publié le par Plumy

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Princess Jellyfish est un de mes manga shojo préférés. Si on me posait la question, j’aurai tendance à répondre que je ne lis pas de shojos, mais en fait ce n'est pas vrai ; C'est plutôt que les shojo que je lis sont toujours à tendance comique / sur le thème des otaku. J'ai déjà parlé d'un de mes titre fétiches, Switch Girl, et maintenant que sa publication est lancée en france et se trouve actuellement au volume 2, je peux parler de Kuragehime, renommé Princess Jellyfish dans nos contrées. Un titre que j'aime encore plus que Switch Girl car j'ai pour lui beaucoup d'affection tendre, que j'en aime réellement les personnages et pas seulement le pitch global, et parce que ce titre me parle, tout simplement. Quand on se reconnait dans une héroine, on ne peut qu’apprécier une œuvre.

 

Note : Je spoile un peu plus que d'habitude dans ce post en commentant des évenements parvenants dans les 2 premiers volumes, mais j'estime que ce n'est pas trop gênant dans le sens ou on est pas toujours surpris par les évenements et que ce qui importe le plus, c'est la manière dont les choses se font.

 

Princess Jellyfish parle d'un groupe de jeunes femmes, toutes otaku au plus haut degrés, qui vivent ensemble dans un joli bâtiment ancien. Ce ne sont pas foncièrement des otaku d'animés, mais des otakus de thèmes assez variées, présentant des personnages "otaku" au sens propre tel qu'on le perçoit au japon. Tout d'abord, l'héroine, Tsukimi. C'est une otaku des méduses, et également une dessinatrice, elle souhaite d'ailleurs faire carrière en tant qu'illustratrice. Avec Chieko, la fille de la propriétaire de la maison passionnée de kimonos anciens et de poupées anciennes, elles sont les deux personnages les plus capables de communiquer avec des gens normaux, enfin... Je m'avance un peu en disant ça. Disons qu'elles fuient moins vite que les autres.
Ensuite vient Mayaya, personnage surexcité qui s'agit et parle fort, et à pour passion les 3 royaumes, qui est un manga de 60 volumes, lui même adaptation d'une compilation de chroniques chinoises. Elle passe son temps à comparer les gens et les situations à ce qui se passe dans son univers fétiche. Un peu plus effacée, il y a Bamba, l'otaku des trains, remarquable physiquement par sa petite taille et sa coiffure afro. C'est un personnage calme et contemplatif, mais qui peut se montrer sec parfois. Encore plus discrète, il y a Jiji (surnom qui signifie "papi"), la fan de... Et bien, c'est le personnage dont la passion est la plus floue. Visiblement, elle aime "les hommes d'ages murs" et intrinsèquement le yaoi avec les hommes d'ages murs. En ce sens, elle rappelle la passion de Ono dans Genshiken.
Et enfin la dernière mais pas la moindre, la Maitresse Mejiro, dont on ne voit jamais le visage ni quoi que ce soit d'autre, puisque c'est une auteur de manga yaoi totalement agoraphobe qui ne supporte pas le contact humain et vit reclus dans sa chambre. Elle ne communique qu'en passant des papiers sous sa porte.

 

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Ce joyeux petit groupe, qui se nomme de lui même les amars (les nones)  vit dans leur petit monde clos, se refusant à affronter la réalité en face, quel qu'elle soit. Ce qui fonctionne plutôt bien, jusqu'au jour ou des projets de rénovations vont venir mettre en péril l'existence même de leur foyer. Mais avant de parler de ça, il convient de parler de la petite bombe qui s'est immiscée dans leur cocon, j'ai nommé Kuranosuke.

 

Kuranosuke est un jeune homme qui a pour hobbie, entre autre chose, de se déguiser en femme. Il se considère comme tout à fait normal en dehors de ça, et à des raisons très terre à terre au final d'adopter ce comportement excentrique. Il rencontrera Tsukimi par hasard lors d'une histoire de sauvetage de méduse, et à partir de la, va faire une habitude de s'incruster dans la maison des Amars. Il fera d'ailleurs vite un jeu de "transformer" Tsukimi en la maquillant, la coiffant et l'habillant correctement, créant une sorte de mode On/Off à la switchgirl pour la jeune fille (même si celle ci n'assume pas du tout le mode On). Mais c'est sous cette forme qu'elle va rencontrer Shu, le grand frère de Kuranosuke, qui va se retrouver attiré par elle mais évidemment, ne la reconnaitra pas lorsqu'elle sera en mode "Off", ayant alors des comportements ambivalents que Tsukimi ne comprendra évidemment pas, n'imaginant pas que le mode On la transforme à ce point. 

Le jeu sur le mode Off/On de Tsukimi pourrait faire tiré par les cheveux mais passe au final très bien, même si on espère que le quiproquo ne dureras pas trop longtemps. Je dois dire que j'étais même assez peinée pour Tsukimi de voir ce double regard que pose Shu sur elle, et ce surtout lors de leurs conversations pleines de quiproquos. Mais de manière générale, Tsukimi est un personnage très sensible qui fait beaucoup de peine. La manière qu'elle a de parler à sa défunte mère dans sa tête est déjà assez triste en soit, mais le plus triste, c'est surement sa perception erronée des raisons cachées derrières les actions des autres autour elle, et tout particulièrement de Shu. Lors de la scène de la réunion, elle se dit qu'il l'ignore et ne fait qu'admirer la jolie jeune femme qui présente la réunion, sauf qu'il ne fait qu'écouter, parce qu'il est studieux, tout simplement. Et qu'il ne la reconnait pas, mais pour cela, Tsukimi est tellement persuadée d'être irrémédiablement laide qu'elle ne peut pas envisager que les mise en beauté de Kuranosuke la transforment à ce point que Shu ne la reconnaisse pas d'une fois sur l'autre. Deni de soi, interprétation souvent pessimiste des situations : On a la les éléments de base de toute jeune fille mal dans sa peau, portés à son paroxysme par Tsukimi l'otaku.

 

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Mais Tsukimi et ses compagnes Amars ne sont pas les seules à être petrie de mal être. En se plongeant comme il le fait dans des activités tapageuses,Kuranosuke n'est il pas, à sa manière, une autre sorte d'otaku ? Sauf que sa passion à lui, c'est de s'occuper pour ne pas réfléchir. Le parrallèle est un peu forcé je l'admet, mais je ne peux m'empêcher de trouver un parallélisme entre les Amars qui se voilent la face de la réalité en baignant dans le petit monde de leurs passions respectives et en se cloisonnants ensembles dans leur petit royaume et Kuranosuke qui lui s'adonne à des activités de jeunes de son age en sortant en boite et discutant, donnant l'illusion d'être dans son élément alors qu'au final, il abandonnera très facilement ce qui était jusque la son quotidien parce que la fraiche passion de Tsukimi va lui sembler plus authentique et attirante.

Kuranosuke est un personnage touchant et presque triste sur certains aspects. Son quotidien était fait d'amis qu'il a put lâcher sans états d'âmes, et il songe, alors qu'il va chez les Amars, qu'il est heureux de s'être fait une bande d'amies comme elles. Mais quelles amies ? Kuranosuke n'est jamais invitées chez elles, il s'impose auprès de Tsukimi avec beaucoup de bonne volonté et de candeur, et reste la puisqu'elle n'a pas la force de le mettre dehors, mais au final, il s'impose sans délicatesse chez des personnes qui ne désirent pas le voir. Et alors qu'il se retrouve face au refus net clair de ces personnes de le côtoyer, comment résout il le problème ? Certainement comme il a du toujours voir faire son entourage : Avec de l'argent. Et le voila à apporter de la nourriture de luxe pour se faire accepter, et qui est tout joyeux de les voir manger avec bon appétit. J'ai trouvé ce comportement de Kuranosuke vraiment révélateur de la vie qu'il a du mener jusque la. Il ne sait pas se lier à quelqu'un sans s'imposer ou offrir des pots de vin. Sur ce point la, encore une fois, je lui trouve une similitude avec cette bande de jeunes femmes inaptes socialement parlant.

 

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Quand à Shu, 3eme membre de l’inévitable triangle amoureux qui se met en place, il est lui aussi touchant. C'est un jeune homme sérieux et timide, qui s'il semble froid au premier abord cache beaucoup plus la dessous qu'on ne pourrait l'imaginer. J'ai personnellement du mal à choisir qui je préfère entre les 2 frères.

Les heroines sont donc des Otaku. Avec les cotés négatifs que cela entraine. Elles semblent incapable de sortir de leur petit univers, même lorsqu'il faut se montrer sérieux. Mais se plonger dans leurs univers respectifs n'est il pas pour elles un moyen de se défendre de la pression extérieure ? Dans le volume 2, il y a une scène qui illustre parfaitement les soucis que pose leurs comportements. Alors qu'elles assistent à une réunion importantes, elles commencent à discuter entre elles, se raccrochant chacune à leur passion en cherchant des comparaisons avec ce qu'il y a autour d'elles, comme pour se rassurer et se recréer leur cocon protecteur. Mais ce faisant, elles ne montrent aucune attention envers la réunion, et en plus, elles se font remarquer puisque la jeune femme qui tiens la réunion leur demande de faire moins de bruits. Acculées sous les regards des autres membres de la réunion, elles fuient les lieux, et Mayaya, pleine de rage, s'exclame qu'elle a osé les ridiculiser, sans réaliser qu'elles se faisaient remarquer d'elles même sans l'assistance de cette jeune femme, et sans remettre en question son propre comportement obsessif.

 

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Princess Jellyfish propose donc une vision nuancée et presque cynique des choses, nous faisant empathiser avec nos heroines otaku - surtout si l'on se sent comme elles - tout en mettant le doigts sur certains comportement gênant de ceux qui se voilent la face. Tous les personnages sont attachants, on rit et on se demande comment les choses vont finalement se conclure, et cet étrange triangle amoureux incongrus donne vraiment envie de savoir ce qu'il va se passer ensuite.

 

Le manga compte 8 volumes et l'animé 12 épisodes, c'est donc une histoire assez courte qui trouvera sa conclusion rapidement, et c'est avec une très grande hate que j'attend la sortie du volume 3, en hésitant à aller regarder l'animé pour avoir la suite de l'histoire.

Publié dans manga

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clefdecristal 22/01/2012 16:40

Merci de m'avoir fait découvrir ce manga avec ton article. Je n'avais conservé le souvenir que du pitch du groupe de filles otaku, assistantes d'une mangaka, et en lisant, tous les autres éléments
m'ont fait encore plus apprécié cette histoire! J'éprouve bcp de tendresse pour la plupart des perso, mais en mm tps, ils ont tendance à m'agacer (la passivité de Shu, l'hystérie de Mayaya, le coté
gnangnan typique shojo de l'héroine...), à moins que ce ne soit le contexte socio-culturel (ah, ce népotisme politique!). L'efficacité du comique est heureusement là pour renforcer l'attrait de ce
manga (le chauffeur XDDD ).