[Manga] Not so simple - Natsume Ono

Publié le par Plumy

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J’ai toujours eut un attrait pour les manga un peu atypiques au dessin haché et simplifié. Hajime Ueda, qui a dessiné la version papier de Fuli Culi, a été mon premier contact avec ce style la. Un style particulier que certains qualifieraient certainement de moche sans hésiter et que je trouve pourtant efficace et fascinant. Une telle désinvolture dans le trait qui pourtant fonctionne et fait montre d’une recherche certaine ! (A titre d'exemple, Nia de Gurren Lagann dessinée par Hajime Ueada)

Natsume Ono est une auteur qui a publié en France 2 de ses histoires au trait « mur » : Goyo et Gente. En cherchant un peu sur ses autres travaux, j’ai été happée par la couverture de « Not so simple », un one shot de sa patte, et ait fini par le commander.

Je n’ai pas été déçue par son dessin. Le trait de natsume Ono, dans ses mangas traduit en français, est déjà très particulier, à la fois sec et souple, rushé et détaillé. Une patte très particulière qui me charme totalement. Dans Not so simple, elle use d’un trait que l’on pourrait qualifier de « simplifié ». Un peu comme pour un super deformed, les têtes sont plus grosses que le corps, et les autres proportions sont souvent approximatives.

 

 

 

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« Your life is amazing. They don’t even make movie like this. I could make a movie about you avec erveryone would think it was fake… You’re going to be my next novel. A year from now. After your reunion with this woman. I’ll will start the story there. »

L’histoire débute sur ce monologue d’un homme brun faisant face à un autre personnage, que l’on devine le héros, et qui semble complètement effondré. On s’étonne de la relative placidité du brun face à la douleur évidente de l’homme face à lui, et on se demande quelle a bien put être sa vie pour qu’il en parle ainsi.
C’est sur cette étrange situation que début « Not so simple ».

Il est difficile de résumer cette histoire en quelques mots. Mais je pense que l’on peut parler de drame familial. No so simple est un gros volume épais, de 300 pages, que l’on peut trouver uniquement en anglais pour le moment. Une histoire cruelle, amplifiée à chaque page par le dessin faussement simpliste utilisé par l’auteur, ainsi que par un sens aiguisé de la mise en scène et de la suggestion. Les dialogues sont courts, succincts, nous laissant bien souvent dans l’interrogation, accroché à notre tome en se demandant « Non, il s’est pas passé ce que je crois… » avant d’en avoir la confirmation des pages plus tard. On en vient à esperer d'avoir mal compris tel ou tel élement, mais non, le destin semble s'acharner sur le héros et son entourage, chaque détail rajoutant à l'horreur de la situation, formant un tableau certe artistique mais presque macabre.

 

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L’auteur utilise à plusieurs reprises des torsions temporelles, nous faisant commencer par le début avant de nous donner toutes les explications, aussi il est délicat de parler de cette histoire sans trop en dire. Je suis le genre de lecteur qui aime commencer un livre sans presque rien en savoir, aussi ne parlerait-je pas du premier et fort important évenement pour simplement tracer vaguement les contours de cette étrange histoire.

On peut dire que c’est l’histoire de Ian, un homme qui a un karma de merde et qui pourtant garde en lui une pureté qui donne de l’espoir aux autres. C’est aussi l’histoire d’un écrivain incapable d’admettre ses propres sentiments ni de faire un pas vers la personne qu’il aime. C’est aussi l’histoire d’une jeune femme qui cherche à assumer l’innassumable.  L’histoire d’une mère devenue alcoolique. D’une mère qui aurait abandonné sa famille si elle n’avait pas croisée la route de Ian et retrouvé l’envie de vivre rien qu’en lui parlant.

C’est globalement une histoire cruelle et douce amer qui oscille bien plus vers l’amertume, nous laissant à la fin de la lecture entre tristesse et une légère envie de sourire, une certaine forme d’optimisme peut-être transmise par Ian. Une humeur comptemplative et une envie de relire pour appréhender de nouveau cette histoire qui illustre parfaitement le « Less is more ». La simplicité recèle une grande complexité, et celle des sentiments est ainsi mise en scène dans ce livre.

 

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N'ayant put mettre la main sur des scan du manga et ne voulant pas abimer le mien, une planche d'une autre histoire de l'auteur mais qui conserve le même genre de trait et donne une idée du style graphique.

 

J’ai besoin de redire que c’est une histoire cruelle. Y sont abordés des points qui pourraient choquer : Alcoolisme, prostitution enfantine, inceste, sans abris… Chacune de ces réalités, qui plus est liée à ces personnages auxquels on s’attache, est un coup de poing dans la figure, et la plaie est rendue d’autant plus douloureuse que tout est traité avec pudeur et discrétion. Pas de melo. On en aurait peut-être voulu pour déculpabiliser.

C’est une histoire dure. C’est aussi une belle histoire. Difficile à décrire, "not so simple", parfaitement résumée par son titre, qui fait echo à chacune de nos experience personnelles. Pas si facile à raconter, pas si facile à décrire. Une oeuvre poignante et juste que je vais certainement considérer comme "un classique" en matière de culture bd désormais.

Le premier chapitre est disponible gratuitement en ligne ici si vous souhaitez vous faire une petite idée personnelle.

Le site web de Natsume Ono : http://79orsi.web.fc2.com/
Un article détaillé et intéressant sur l’auteur (En anglais): [Lien]
Un article (en anglais) qui compare le comportement de Ian aux critères boudhistes : [Lien]

 

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Publié dans manga

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a-yin 25/10/2011 16:25


J'ai déjà repéré ton blog et je n'ai jamais su quoi écrire en commentaire. Je voulais juste te dire que je partage complètement ton avis au sujet de ce Not Simple. Je viens de lire l'édition
américaine comme toi, et je n'arrête plus d'y penser... C'est déprimant mais captivant à la fois. Enfin, pas si déprimant, surtout cruel. Tu trouves les mots justes pour décrire cette oeuvre. J'ai
également aimé ton article sur Le cortège des cent démons.