[Manga] It’s Not My Fault That I’m Not Popular!

Publié le par Plumy

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Parmi les mangas centrés sur des personnages otaku, je n'avais encore jamais découvert de titre à l'humour si froidement cruel envers son personnage. It’s Not My Fault That I’m Not Popular!, officiellement abrégé sous le terme Watamote est un manga dont la lecture m'a étrangement mis mal à l'aise, parce que le personnage principal me fait beaucoup de peine, mais aussi parce que je me reconnais la dedans, du moins, dans certaines réflexions. Mais parlons du synopsis avant de vous parler de mes années collèges.

 

Watamote commence alors que l'heroine, Tomoko, s'apprête à rentrer au lycée. Forte de l’expérience des centaines de garçons qu'elle à rencontré et draguer des des otome game, elle se sent prête à devenir une fille populaire dans cette nouvelle vie pleine de rebondissements que sera forcement le lycée. 2 mois plus tard, elle n'a toujours parlé à personne. L'humour (noir) de la série tourne autour du pathétique de la situation dans laquelle s'enfonce Tomoko, incapable de parler aux autres et de se faire des amies. Elle s'emerveille de la moindre parole échangées, un prof lui souhaitant au revoir le mettra dans tous ses émois, et elle se dira qu'elle a eut une conversation aujourd'hui, et que tout n'est pas perdu pour elle, elle peut socialiser et devenir populaire ! Elle continue son chemin, désespérément seule et souvent creepy, sans parvenir à se faire d'ami.

 

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Watamote, c'est l'histoire d'une otaku complètement sociopathe, quasiment incapable de communiquer avec quelqu'un, qui se mure dans sa solitude tout en rêvant d'une "vie en rose" au lycée. L'un des premiers soucis de Tomoko, c'est qu'elle n'admet pas sa situation. Elle s'imagine sans cesse que les choses vont subitement s'arranger, qu'elle n'est pas populaire à cause d'un détail qu'elle va facilement arranger. Elle est même dans le deni le plus complet de ce qu'elle est (comme le montre le titre du manga), critiquant ceux qui passent leur weeks end sur les jeux vidéos alors qu'elle, elle a une vie et elle parle à des gens, wé elle parle à son frère d'abord ! (Oui oui, cette réflexion vient bien de l'esprit un peu tordu de Tomoko).

Les gags des épisodes tournent d'ailleurs souvent autour du thème du "petit détail à arranger" sur lequel Tomoko fera soudainement une fixation: Une fois elle va se persuader qu'il lui suffit de s’entraîner à discuter avec son frère (la seule personne, avec sa mère et une ancienne amie du collège, à qui elle arrive à parler), une autre fois elle se convainc que son soucis, c'est qu'elle ne porte pas de dessous mignons, et que si elle portait des sous vêtements joli, elle serait soudainement populaire. Lorsqu'elle essaye d'agir comme le font les autres, elle fail toujours misérablement et n'en parait que plus étrange. Cf lorsqu'elle apelle son unique amie au téléphone pour lui demander "Tu portes quoi comme sous vêtements ?". Aaaaah, Tomoko... 

 

L'heroine est extrêmement paradoxale : Elle veut à tout prix avoir des amis - enfin, surtout un petit ami - et en même temps méprise terriblement ses camarades de classe, dont elle souhaite souvent la mort. Elle est enfermée dans son monde et ne trouve du plaisir que par le biais de ses jeux et de ses lectures. Un profil dans lequel tout ceux qui ont été des solitaires à l'école se reconnaissent : L'envie d'être aimé et d'être inclus dans le groupe, tout en haïssant la plupart du temps ceux qui nous entourent et, incapable de se joindre aux autres, la solution de la fuite au CDI ou ailleurs. Ce ressentit familier m'a été remis en mémoire avec Tomoko, et cette sensation s'est faite encore plus vive alors qu'elle se mettait à prendre des personnages et des situations d'animés pour réalité. Alors qu'elle a faim en début de matinée, elle se dit qu'elle peut bien manger son bento et qu'elle sera mignonne comme ces personnages qui mangent sans cesse dans les animés. Une autre fois, elle se met en tête d'agir comme cooldere car ces personnages sont extrêmement attirants dans les animés. Et de réaliser que si personne ne cherche à lui parler, elle n'est pas une cooldere mais juste une personne seule.

 

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Je me souviens avoir essayé d'agir de manière "cool" quand j'étais au collège. J'étais très seule et sûrement un peu creepy. Une fois, le couloir des vestiaires était éteint, et j'y suis allée l'air de rien en me disant que marcher comme ça dans le noir, les autres allaient me trouver cool. Derrière moi, j'ai entendu une fille dire à une autre "Elle est bizarre cette fille" et je me suis sentie extrêmement humiliée, avant d'être assez rageuse envers ces filles. Ce petit souvenir vieux et gênant, reflet d'une situation globale que je vivais au collège, ressemble beaucoup trop à ce que vit Tomoko pour que j'y soit insensible. Je ne suis pas la seule à me reconnaître dans Tomoko, le personnage jouissant apparemment d'un certain succès sur le channel /a/ de 4chan, ce même channel se chargeant au début de traduire les planches du manga en anglais.

 

Malgré le malaise dans lequel me plongeait cette lecture, je l'ai apprécié, notamment grâce au point de vue posé sur Tomoko. Déjà, nous avons droit à une héroine otaku. Une fille vraiment moche, solitaire, un peu crade, un profil que l'on aurait habituellement eut sur un garçon. Ensuite, malgré son statut d'otaku qui lui donne des activités pour le moins particulières comme otome game, jeux vidéos and coe, ses passions ne sont pas pointées du doigts comme étant la source principale de son problème de communication. On voit bien que ce qui l'empêche d'être "populaire" comme elle le voudrait, c'est elle même et son attitude fuyante.

 

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On pourrait espérer que par la suite Tomoko évolue et réalise ce qu'elle doit changer en elle, plutôt que la série ne continue de la ridiculiser encore et encore tandis que le lecteur rira (jaune ?) de son misérabilisme. Mais peut-être que les gens qui n'ont jamais ressentit ce qu'elle vit rient sincèrement en lisant ce titre. Ou peut-être encore que pour d'autres, voir Tomoko souffrir à leur place leur permet de purger un sentiment trop douloureux à affronter en eux.

 

Quand à Tomoko au final, que devrait elle changer en elle ? Cette série apporte cette question à toute personne qui a du mal à communiquer. Doit on mimer les autres, se couler dans le moule ? Pas forcement. Ne pas hésiter à parler déjà. Pas si simple. Mais le comportement de Tomoko est extrêmement ambiguë : Elle ne rêve que d'être lié à quelqu'un, mais fuit toutes les possibles situations ou elle pourrait sociabiliser. Une manière de montrer qu'elle ne sait pas ce qu'elle désire réellement ? Je ne peux pas prétendre résumer la problématique de ce sujet en quelques lignes, tant chacun aura une sensibilité différente à cet égard.J'espère que Tomoko arrivera à se trouver un jour en tous cas.

 

342aj.jpgUn croquis pris sur le twitter de l'auteur.

 

Liens :

 

L'article qui m'a donné envie de lire ce manga sur Hanamaru Hamburger  

Le twitter de l'auteur du manga : Twitter

Publié dans manga

Commenter cet article

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Thanks a lot for this great post . If you have not been allocated a topic then the whole globe lies before you. Actually this implies that you are free to select a topic of attention to you.

busl 24/02/2012 10:45

Que ferait Chihiro si elle voyait ton blog ?

Elle penserait que tu perds ton temps avec ces mangas de mauvaise valeur. Mieux vaut se concentrer sur le meilleur du manga et lire autre chose à côté : une pièce de théâtre, un essai, ...

Sinon, je peux te le dire, on devient un gros cochon comme les parents de Chihiro.

A bon entendeur

Plumy 24/02/2012 19:21



Moi j'ai aimé lire ce titre et je ne trouve pas que ce soit "un manga de mauvaise valeur". Je me demande même ce que ce terme peut bien désigner... Ce titre ne t'a pas plut parce qu'il n'a pas
fait echo à ta sensibilité, mais ça ne veut pas dire qu'il est mauvais, juste que toi tu ne l'aime pas. J'aime bien essayer tout et rien et me faire mon propre avis dans tous les cas, mais merci
quand même du conseil Mr cochon. 



Védé 22/02/2012 01:20

J'ai englouti les 13 chapitres et passé ça a un pote qui adore. Et t'inquiète pas pour le niveau de malaise, j'ai après tout lu Onani Master Kurosawa qui est un manga très...Très spécial. Mais pas
mauvais. Fais ta propre recherche si tu n'en a jamais entendu parler. Et oui, le manga dépasse le thème principal au bout d'un moment.

Plumy 23/02/2012 06:55



J'ai déjà lu (et apprecié ) Onani Master Kurosawa il y a un bon moment de ça déjà (J'avais fait un ptit fanart du coup même http://resosphere.livejournal.com/72773.html ) (D'ailleurs faudrait que je le relise parce que je l'ai lu en 2 fois et du coup j'ai
été moins touchée par l'émotion que je n'aurais put l'être je pense)



Védé 21/02/2012 00:35

Ayant moi aussi subi les alléa de la popularité au collège et en ayant pas mal souffert, je vois bien de quoi tu parle. Ce manga m'a l'air interessant, je crois que je vais le lire.

Plumy 21/02/2012 13:54



J'espère qu'il ne te laissera pas un gout trop amer dans la bouche X3; C'est interessant à lire mais comme je dis, on se sent bizarre en le lisant, mal à l'aise pour elle et malgré nous un peu
fasciné face à cette critique aussi directe.



clefdecristal 19/02/2012 17:51

J'avoue que le thème de ce manga ne m'attire pas, parce que, autant je peux me projeter facilement ds le fait d'être à l'écart des autres (au collège, je suivais un parcours pseudo "sport-études"
donc dès que je quittais le collège, j'allais au sport), autant, je ne sais pas si je pourrais supporter de suivre les tribulations d'un tel perso. Car, elle me rappelle mon contexte pro, avec une
personne qui n'est pas bien ds sa tête, son corps, son taf', passe son tps à se dire mise à l'écart par les autres, mais qui est pas fichue d'essayer de penser à une solution (je parle mm pas de la
mettre en oeuvre). c'est pas comme si j'étais quelqu'un de populaire, loin s'en faut, mais je travaille sur moi-mm, aussi douloureux que ça puisse être parfois, et les gens qui se morfondent et se
complaisent (ou qui sont à coté de la plaque, comme ds le cas de ce manga?), j'ai du mal... (et oui, je lis peu de shojo ^^;;;; )

Plumy 21/02/2012 13:51



C'est un thème assez délicat on va dire. Dans le cas de l'heroine, ça passe parce qu'elle ne se plaint pas de sa solitude en fait, elle ne s'auto apitoie pas sur elle même (si elle faisait ça, ce
serait illisible). Mais du coup s'en est d'autant plus dérangeant... Je pense que le fait de lire ou pas du shojo ait forcement à voir avec le fait d'apprecier ça X3;


Concernant l'intégration avec les autres, disons qu'il y a une marge entre "être populaire" et "s'intégrer". Certains malgrés leurs efforts n'y arrivent pas, d'autres sont justes completement
paumés et n'ont aucune idée de comment interagir avec les autres, ou on juste des centres d'interêts tellements différents qu'ils ne voient pas comment s'associer aux autres (j'étais dans ce
cas). Mais je crois que souvent ce problème à communiquer avec les autres découle d'un mal être personnel. Maintenant, je parviens à discuter / interagir avec des gens qui n'ont pourtant rien en
commun avec moi, parce que je suis bien mieux dans ma tête, avec l'age et la maturité. M'enfin, je dis ça mais j'ai toujours du mal, ah ah. Genre la je suis dans une formation, je rigole avec
tout le monde et tout, je m'impose, mais genre quand un collègue organise avec d'autres d'aller boire un coup ou autre, je suis pas conviée. Et à la fois tant mieux parce que je n'en ait pas
envie, et à la fois bah ça fait un ptit pincement au coeur v_v; Ce sentiment que je ressens aujourd'hui, vachement blindée par le temps et l'évolution, ado c'était bien plus dur.