[Manga] Fashion Fade

Publié le par Plumy

 

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Fashion fade commence de manière surprenante, tellement surprenante que j'ai relu plusieurs fois les dialogues pour être sure de ne pas m'être trompée et ne pas imaginer des choses, mais si, c'est bien le cas : Cette histoire commence sur une jeune fille, Fade, qui vit en Afrique depuis toujours. Alors qu'elle songe à son départ prochain de ce pays qu'elle adore, son amie Lulu vient pleurer son départ. Ou plutôt devrais-je dire sa petite amie, car leur comportement plus qu’ambiguë est bien vite confirmé par une discussion entre leurs pères respectifs qui parlent de leur futur mariage. Le père de Lulu demande simplement une dot de 30 taureaux pour confier sa fille à Fade. Ils parlent également des épreuves que doit passer un homme pour être digne de se marier, mais le père de Fade est assez paumée dans cette histoire, car à qui faire passer des épreuves puisqu'elles sont toutes 2 des femmes, et comment feront elles pour les enfants ? Ce à quoi Fade répond avec naturel et malice qu'elles trouveront bien un ami pour leur donner un petit coup de main... Et ce manga à été écrit en 1977.

 

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J'ai vraiment été plus que surprise d'un tel modernisme dans une œuvre pourtant vieille de plus de 30 ans ! C'est cette surprise étonnante à la lecture des premières pages de ce manga qui m'a poussé à continuer ma lecture, alors que j'étais tombée sur ce lien totalement par hasard et me contenait de jeter un œil, charmée comme je le suis souvent par le dessin old school des manga shojo. Au final, j'ai dévoré le tome 1 de 360 pages en une soirée, alors que je n'aime pas lire sur écran...

 

Malgré ce départ portant sur l'homosexualité féminine, Fashion Fade n'est pas un manga Yuri. C'est un manga qui parle de la mode au sens large et de la création. Pourtant, alors qu'elle quitte l’Afrique pour faire ses études en france en étant hébergée chez son oncle, Fade ne pense pas encore à la mode, malgré son goût marqué pour les vêtements de toutes origines. Elle pense suivre les traces de son père dans la médecine ou l'anthropologie, celui ci étant en afrique depuis toutes ces années pour étudier la culture africaine. Mais sa passion la rattrape bien vite : Arrivée à l'aéroport, elle est interpellé par un autre exilé, un japonais qui comme elle frisonne dans cette france qu'il trouve trop froide, et s'enthousiasme de ses vêtements japonais (un Kimono et un Hakama), avant d'apercevoir du coin de l’œil un manteau en fourrure de léopard... Et de croire qu'il s'agit d'un véritable léopard. Réagissant instinctivement, elle sort son couteau et l'attaque. Cette réaction peut-être un peu énorme et tout de même réaliste, puisque la jeune fille a toujours vécu en Afrique ou elle est un guerrier renommé. Ce choc culturel servira de nombreux gag par la suite de l'histoire, ou elle aura toujours le rôle de la sauvageonne. Cela sera d'autant plus gênant chez son oncle, très à cheval sur les apparences et sur ce que doit être une jeune fille digne de ce nom. Les employées de la maison de son oncle chercheront à l'habiller correctement, lui faisant porter un soutien gorge pour la première fois de sa vie par exemple.

 

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Bien vite, Fade s'enfuira de la demeure de son oncle qui veut la marier de force pour un mariage de convenance (réitérant sans le savoir le comportement de son père par le passé) et voudra se débrouiller seule. Elle sera aidée en premier lieu par Yufo (de son nom complet Yufolph), un jeune homme qu'elle aura rencontré chez son oncle alors qu'il lui commandait des vêtements sur mesure, ce garçon étant le modèle attitré de Mme Fleur, une styliste renommée. C'est lui qui, voyant son admiration et son amour des vêtements et de la mode, lui proposera de chercher à percer elle même dans ce milieu, tout d'abord en tant que modèle pour les défilés. Mais la jeune fille réalisera bien vite que ce n'est pas ça qui lui plaît. Elle, elle veut créer ses propres vêtements ! Elle recroisera la route de Nissho, le japonais croisé à l’aéroport, qui a à ce moment la un petit job dans le milieu de la mode.

 

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Suite à un accident lors de la séance de photoshoot, la carrière de Fade en tant que modèle est compromise, et elle va chercher, en compagnie de Nissho, à se faire engager comme couturière dans une boutique de vêtements. Après avoir essuyé de nombreux refus, elle va réussir à se faire engager dans la boutique Blanche, tenue par Madame Blanche, une vieille dame très raffinée, et Arthur (mon chouchou), un homme caractériel et fantasque, devenu alcoolique suite à de graves deceptions dans le milieu de la mode malgré son talent. Elle commencera alors à dessiner des designs de vêtement sur des dessins de fille nue que lui fera Nissho, car le jeune homme lui chercher à percer en tant qu'artiste, et cherchera à apprendre les bases de ce milieu avec l'aide d'Arthur et de Juju, une jeune fille rencontré dans d'étranges circonstances... 

 

Et je cesserais de narrer l'histoire dans les grands lignes à partir d'ici, mais je n'en suis pourtant qu'au 3eme chapitre sur les 9 disponibles.

 

Pour revenir sur l'amour de Fade, Lulu, il devient au bout d'un moment flagrant pour le lecteur que cet amour finira par s'étioler, comme tout amour naïf d'enfance qui face aux passions de l'age adulte demeurera une affection sincère et profonde, mais pas la relation que l'on entretiens avec quelqu'un qui sera notre épouse. Cet état de faits m'a un peu chagriné, car j'avais tellement apprécié l'idée de cette jeune fille amoureuse et fidèle à sa compagne, mais ce changement de cap est hélas justifié, et aurait été présent même si Lulu avait été un garçon. Reste que commencer une histoire sur un couple de jeune fille qui envisage de se marier, c'est très fort et ça fait énormément plaisir.

 

Pour ce qui est de l'univers dans lequel se déroule l'histoire, le paris de Fashion fade est ce fameux paris fantasmé qui n'existe que dans l'esprit des japonais, ce paris figé dans une époque incertaine, ou les hommes et les femmes sont tous élégants et raffinés et ou les chambres d’hôpital sont ornées comme des hôtels particuliers ; Ce fameux paris de la "haute couture".

Certains détails rappellent que nous avons affaire à une histoire dessinée par une japonaise, comme lorsque pour un duel amical, 2 personnages se défient "au kendo". Mais soit, pourquoi pas ! Ce petit coté désuet rajoute au charme de l’œuvre.

 

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Une des choses les plus agréables de Fashion Fade, c'est son ton général qui est toujours dynamique et enjoué. Il arrive bien sur des choses difficiles et tristes, mais l'optimisme prend toujours le dessus, faisant de cette œuvre une lecture extrêmement rafraîchissante. Combiné au caractère très indépendant et dynamique de Fade, c'est un régal. Fade fait montre de plus de caractère et de force que certaines héroines de shojo de notre époque ! Le déroulement de l'histoire est lui aussi des plus agréable, car il ne donne nullement la sensation d'une histoire continué par pression de l'éditeur avec des historiettes au contexte répétitifs qui se suivent et pourraient presque s'inter-changer. C'est à une histoire complète que nous avons affaire la, les chapitres se suivent et ne se ressemblent pas, faisant évoluer tous les personnages et la situation générale, et rendant presque impossible de deviner ce qu'il pourra bien se passer par la suite.

 

J'ai raconté beaucoup de choses dans ce post, et j'en ait aussi gardé beaucoup sous silence, car c'est une histoire très dense qu'il est très difficile de résumer. Aussi, si vous tentez de le lire, vous découvrirez de nombreuses choses que je n'ai pas raconté, ainsi que le plaisir de la lecture en elle même. L'idée que l’œuvre ne soit pas fini peut évidemment refroidir, mais même si je n'ai pas la suite et fin de cette histoire, je ne regrette pas d'avoir lu ce premier volume qui m'a enchanté et je vous conseille de faire de même, en espérant qu'un jour les scantrad reprennent (Même s'il n'y a que 25 personnes à l'avoir noté sur MyAnimeList et que je n'ai trouvé aucun article sur ce manga ). Ou mieux, une édition américaine, non française ! Ah ah, j'aime être optimiste.

 

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L'auteur, Naka Tomoko, voyait son œuvre publié dans le magazine de prépublication Shōjo Comic (Souvent abrégé ShōkomiSho-Comi or Shōcomi ), aux cotés de Mitsuru Adachi, Moto Hagio, Keiko Takemiya et bien d'autres . L'histoire complète compte 8 volumes d'environ 8 chapitre de 45 pages chacun.

 

Publié dans manga

Commenter cet article

clefdecristal 11/03/2012 10:55

Tu as le don de me donner envie de lire, alors même que les manga au look un peu retro, c'est pas ma tasse de thé en général. Merci!

Plumy 25/03/2012 16:05



Ah ah, on me dit souvent ça, quand j'aime quelque chose je suis communicative X3;



Gemini 10/03/2012 11:59

Plumy >> J'ai lu ça quelque part, mais où... je ne sais plus trop, désolé... Mais cela semble logique : plus je découvre des shôjo de l'époque, plus je m'aperçois que ceux traitant de
l'homosexualité ou d'autres thèmes similaires ne se déroulent jamais au Japon, et rarement à notre époque contemporaine : Kaze to Ki no Uta se passe en France à la fin du XIXème, Thomas no Shinzo
et The November Gymnasium en Allemage, Fire! aux USA, La Rose de Versailles pendant la Révolution Française, Patalliro dans un pays imaginaire. Sauf Très Cher Frère.

Fire! est un manga de MIZUNO Hideko. J'aimerais beaucoup le lire, mais il reste introuvable.

Yomigues 10/03/2012 00:40

C'est effectivement étonnant parfois l'avant-gardisme que pouvait avoir certains mangakas à l'époque ! Je ne connaissais pas du tout, je crois que je me lancerai dans cette lecture prochainement,
merci !

Plumy 10/03/2012 11:49



C'est un trait que je retrouve dans la majorité des vieux shojo que j'ai lu en fait, ce coté "étonnament moderne" 'o' C'est étrange.


Si tu te lance dans la lecture, j'espère que tu apprécieras (Et comme ça on pourra pleurer ensemble que y'a pas la suite des scantrad)



Gemini 09/03/2012 23:14

Puisque nous en sommes dans les explications :

"J'ai vraiment été plus que surprise d'un tel modernisme dans une œuvre pourtant vieille de plus de 30 ans"
>> Cela n'a rien de tellement surprenant, l'époque a connu bien pire, comme Fire (un guitariste drogué poursuivi par le fantôme d'un artiste qu'il admirait), Kaze to Ki no Uta (viols et
homosexualité dans un pensionnat français), et ainsi de suite. Pourtant, ces œuvres ont moins choqué que, par exemple, Très Cher Frère. Pourquoi ? Pour une raison simple : Très Cher Frère se
déroule au Japon et à la même époque - donc suggère qu'il peut y avoir de l'homosexualité et du sadisme chez de jeunes Japonaises - mais par ces autres manga. Si des titres comme Thomas no Shinzo,
un des premiers BL, ne se passent pas au Japon, c'est car le Japon de l'époque se considérait comme étranger à de telles réalités. Dans des pays barbares comme la France ou l'Angleterre, par
contre, cela ne dérangeait absolument pas.

Plumy 10/03/2012 11:48



Oooh ooh le retour '____' Ca explique pas mal de choses encore une fois. D'ou tu tiens ce genre d'info ? ça m'interesse d'en savoir plus sur le sujet X3;


Concernant les vieux titres, je pense bien lire Kaze to Ki no Uta un de ces 4. Quand à "Fire", il s'agit de quel auteur ? (Oui parce que si je tape "fire" dans google j'vais pas trouver grand
chose je crois XD; Et je savais pas que très cher frère avait choqué '__'. Et bien et bien. Merci !



Kima 09/03/2012 16:30

En fait, dans certaines tribus africaines, il est habituel que deux femmes se marient, l'une endossant le rôle du "mari" (d'où le rite de passage dont parle le père de Lulu) qui se doit de trouver
un homme pour permettre à sa femme d'avoir des enfants (d'où la réponse de fade). C'est un truc que j'avais appris en socio au lycée et j'ai été très surprise de trouver ça dans un manga !

Plumy 09/03/2012 16:34



Oooooh d'accord, bon à savoir ça o_o Ok ça explique pas mal le début du manga du coup (Ah du coup ça va finir qu'elle va retourner en afrique avec un mec rencontré en france et quand même
retrouver sa copine alors 8D ).