[Film] Yokai monsters - Spook Warfare

Publié le par Plumy

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C’est dans les années 60, suite au succès des œuvres de Shigeru Mizuki, que les yokais, monstres du folklore japonais, revinrent à la mode. Le mot mode est meme un peu trop faible, puisqu’il s’agit en vérité d’un véritable retour en force de ces créatures folkloriques qui avaient alors manqués de disparaître, terrassée par la course à la modernité d’un pays qui n’entendait pas se laisser faire face au reste du monde.

Au cinema, les films de « Kaiju Eiga », les films de monstres (Godzilla, Gamera) sont foison. A la télévision, nous avons Ultraman, et bien évidemment, l’adaptation animée de Ge Ge Ge No Kitaro. En somme, le moment idéal pour produire des films de yokai mettant en scène ces monstres traditionnels sans se limiter aux fantômes de type Yurei (Les esprits morts : Les yokai de types yurei sont ceux les plus proches de notre cultures et sont des « fantômes » au sens ou nous l’entendons, âme humaine devenue monstre après la mort.)

A cette époque sera donc produit une série de 3 films de yokai : Yokai Monsters: Spook Warfare (1968), Yokai Monsters: One Hundred Monsters (1968), et Yokai Monsters: Along With Ghosts (1969).

Je me suis procurée le premier (DVD zone 1, version américaine, la seule disponible sur le marché). Il est réputé pour être le meilleur de la série, mais peut-être que par curiosité je me procurerais les suivants également. Sans surprise, l’image est vieille et abîmé, et les crédits n’ont même pas put être incrustés proprement à la place des crédits originaux, mais quel soucis après tout ? Au vu de l’age de et la confidentialité de l’œuvre, la qualité reste honorable.

L’histoire commence dans les ruines de Babylone, ou des chercheurs de trésors réveillent un esprit maléfique enfoui ici depuis des siècles. Une fois libéré, celui-ci s’enfuit par delà la mer, atteignant le japon dans une tempête formidable. Il parvient alors dans le domaine d’un haut magistrat, qui, bien que le combattant courageusement de son sabre, ne parvient à se débarrasser de cette créature aux pouvoirs dépassant l’entendement humain. C’est alors que la créature suce son sang, possédant ainsi l’homme et s’infiltrant alors dans sa maison, ou il se fait un devoir de détruire tous les temples shinto de vénération aux ancêtres pour se sentir plus à l’aise.

 

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1ere surprise : Cet affreux monstre est donc… Un vampire ! Je trouve assez génial la vision que ce film à donné aux vampires. La ou chez nous ce sont des créatures d’une beauté démoniaque, il a hérité ici d’une allure de monstre (Bakemono) qui ne le rend guère différent de ses comparses yokai. Mais la différence réside dans son comportement : La ou lui est agressif, les yokai eux, bien qu’effrayants, sont pacifistes.

 

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Le kappa de l’étang de la maisonnée, dérangé par la présence de cet intru, se fait un devoir de le combattre et se retrouve bouté hors de sa demeure. Il demande alors l’aide de ses compagnons yokai pour se débarrasser de cet étrange individu venu d’occident. Mais il sera bien en peine de les convaincre de l’existence de ce monstre inconnu d’eux, et ce n’est que par la suite, alors que des enfants voient leur entourage assassiné par les hommes du Magistrat, que les yokai se déciderons à vaincre ce bakemono inconnu qui, par ses actions, va ternir l’existence des yokai.

Malgré son age, la réalisation est soignée, et même si la réalisation des monstres accuse son age – Citons par exemple Rokurokubi, la femme au coup qui s’allonge, qui apparaît toujours en passant par derrière une colonne ou un personnage puisqu’ils n’avaient pas d’autres moyen de simuler son long cou par derrière – l’effet opère. Ou peut-être que je suis bon public ? J’aime l’effet kitsh assumé des vieux films de yokais, et malgré certaines longueurs de scènes, le cinéma de cette époque n’ayant pas encore pour habitude d’enchaîner les courtes scènes rapides et hachées, le film se suit très bien et contient son lot de rebondissements. Les yokais sont tous très attachants, avec leur petit caractère. La majorité m’étaient familiers, exception faite du duo de Ungaikyo et Aobozu qui m’ont demandé quelques recherches. Visiblement, Ungaikyo est un tsukumogami et son nom l’apparente au miroir, ce qui explique son gros ventre qui permet de voir ce qui se passe ailleurs (Moderne les yokai, ils ont la télétransmission !). Quand à Aobozu, je n’ai rien trouvé sur lui.

 

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Parmi les yokai présents dans la bande principale, on trouve donc un Kappa (Créature marine bien connue désormais), un Aburasumashi, sorte de bonze avec une cape de paille et une grosse tête(il s’agit de celui qui semble tenir le rôle de sage de l’équipe) un Kasabake, le yokai ombrelle, une Rokurobi, yokai femelle qui peut étirer son cou, une sorte de Futachuki onna (Femme avec une bouche derrière la tête. Mais celle ci à carrément un visage de tengu donc le bout du nez est orné d’une petite main, et je ne connais aucun yokai correspondant à cette description, donc nom mis au conditionnel) et pour finir un Nuppefuhofu, le yokai « tas de chair ». Une belle équipe vivante et diversifiée, dont chaque protagoniste peut se targuer d’avoir un caractère propre, même – et surtout ! – Kasabake, qui ne s’exprime pourtant qu’en gesticulant et en claquant de la langue.

Un aspect intéressant de ce film est le conflit « monstre d’occident VS yokai d’orient » qui prend, tout au long du film, de plus en plus d’importance dans les dialogues. Les yokais parlent « de lui montrer le pouvoir des apparitions du japon ! » Ou « De préserver l’honneur des monstres japonais ». Ce sentiment d’invasion de l’occident, qui fait le mal et dont il faut se débarrasser, est au final un sentiment que l’on retrouve souvent dans des œuvres japonaises. Le ressentit qu’ils ont eut lors de leur ouverture forcée à l’occident qui ne respectait pas leur manière de vivre et de réfléchir ?

 

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Personnellement, ce film m’a passionné. Mais j’imagine bien que tout le monde ne peut partager mon enthousiasme : Au final le scénario est classique, des éléments sont d’ailleurs oubliés lors du film (Je pense surtout aux enfants, ficelle scénaristique qui intervient et disparaît aussitôt comme si le réalisateur les avait oublié) et des personnages humains un peu fade, ou plutôt, tellement japonais : Une jeune fille docile et obéissante, un homme courageux et silencieux. Les vraies stars de ce film, ce sont vraiment les yokai, et la, mêmesi j’aurai voulu les voir encore plus, on en a pour son argent.

J’ai aussi trouvé intéressant de constater de visu la manière qu’on les Japonais de représenter les monstres et les phénomène fantastique comme des choses contre lesquelles il est totalement inutile de lutter, un sentiment d’ineluctable accompagnant les premières confrontation du vampire contre les profaneurs de tombe puis contre le magistrat qui, même s’il se bat valeureusement, se fait ridiculiser par son adversaire. Les histoires de yokai sont réglées par les yokai, et les humains, malgré leurs volonté et leur tentative, ne peuvent interférer.

Un film pour ceux qui aiment le fantastique, les films kitsh et les films de monstre ou de sentai, ils se trouveront en terrain connu.

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Plumy 27/06/2011 21:58


@Tagath : Hehe, en plus la Rokurokubi c'est ma préférée dans le film, elle est trop stylée et j'adore son comportement *_*. Perso je l'ai lu sur mon pc, même pas essayé sur mon lecteur, mais je
crois pas qu'on puisse justement, à cause du zonage =/...


Tagath 27/06/2011 21:50


ça a l'air plutôt sympa comme film!:D Du kitsch, des yokai, et une Rokurokubi, ça a tout pour plaire^^
Je pense que je vais vérifier que mon lecteur dvd peut lire les trucs Zone 1 et je vais essayer de mettre la main là-dessus.